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Ludwig van Beethoven (1770-1827) |
éditions musicales européennes | ||||||||||||||||||||||||||||||||||
Beethoven le
pianiste L. van Beethoven : Trois
Sonates Op. 2 |
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Beethoven le
pianiste
ou comment les indices
consignés dans la partition des Sonates ont permis au
compositeur de garder une trace de son jeu pianistique et de garantir
ainsi une certaine pérennité de l'interprétation
de son oeuvre.
Georges Kan (Editions Musicales Européennes) s'est lancé en 2005 dans un projet de relecture et de réédition des Sonates de Ludwig van Beethoven. En se référant aux manuscrits quand ceux-ci existent, ou aux premières publications - en l'occurence l'édition Artaria Wien 1796 pour l'opus 2 et une épreuve de cette même édition corrigée de la main de Beethoven (Staatsbibliothek zu Berlin) - il lui a été possible de découvrir une toute autre vision que celle que le siècle romantique a laissée de ce grand compositeur. Dans les rééditions qui sont apparues dès le XIXe siècle, de nombreux petits détails ont été gommés ou déformés. Cette lecture tronquée nous a été transmise et sert encore aujourd'hui de base à nombre d'éditions modernes.
Le travail de reconstitution pré-romantique s'avère long et fastidieux. Il faut replacer chaque articulation, chaque dynamique, chaque doigté dans son contexte tout en respectant une approche globale de l'oeuvre. Au fur et à mesure de l'avancement du travail de recherche est apparue une certitude : Beethoven a bien cherché à encoder dans ses partitions des astuces pianistiques qui reflétaient au plus près sa virtuosité. Grand improvisateur dans les salons de Vienne, il était admiré et jalousé pour son jeu qui outre d'arracher «larmes et sanglots» à l'auditoire (selon Czerny) incluait souvent les plus grandes prouesses pianistiques. Au moins pour les premières sonates, la publication était recherchée par le compositeur qui s'empressait de faire éditer, contournant les difficultés imposées par Artaria malgré la recommandation du maître Haydn (ainsi pour l'opus 1, le jeune «Louis van Beethoven» devra lancer une souscription pour garantir son projet éditorial - ce qui revenait à publier à compte d'auteur).
Malgré tout ce qui a pu être dit sur la qualité de ces premières éditions, il apparait que leur niveau est excellent et que l'on ne peut douter de l'intégrité des graveurs qui semblent avoir scrupuleusement respecté le manuscrit (aujourd'hui perdu). Pour revenir aux indices que Beethoven a inscrits, ils concernent essentiellement des doigtés liés à des articulations, la mise en valeur de plans dynamiques, des astuces de virtuosité et même des procédés mnémoniques. Georges Kan montre comment certains doigtés qui ne sont plus usités aujourd'hui sont parfaitement opérationnels si l'on respecte l'articulation d'origine (malheureusement déformée dans toutes les éditions ultérieures - hormis dans cette première édition d'Artaria). Il montre aussi comment d'infimes variations lors des reprises d'éléments caractéristiques, ne sont pas dues à un manque de rigueur éditoriale mais reflètent l'efficacité de la «navigation» permettant à Beethoven pianiste de gérer au mieux ses récitals marathoniens. La signification exacte de nombreuses dynamiques est enfin éclaircie et fait sonner l'instrument de façon probante grâce à un jeu sans pédale utilisant cependant le senza sord. pour certains passages caractéristiques (le piano Walter, l'un des Hammerflügel emblématiques de cette fin de XVIIIe siècle à Vienne était souvent équipé de deux genouillères, l'une pour lever les étouffoirs et l'autre pour le jeu de céleste). Les tempi (très rapides) transpirent de l'écriture de Beethoven qui, en établissant clairement le partage des mains et même l'utilisation du glissando (cf. 4e mouvement de la 2e Sonate), pose la limite infranchissable de la vélocité possible.
Un univers beethovénien renouvellé à découvrir à la présentation des sources et des premières étapes de cette nouvelle publication prévue prochainement aux Editions Musicales Européennes.