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Octavio López |
éditions musicales européennes | ||||||||||||||||||||||||||||||||
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Octavio López est né en 1962,
à Buenos Aires, Argentine. Il reçoit une formation
musicale au Collegium Musicum de Buenos Aires. Résidant en
France depuis 1987, il suit des études de composition sous la
direction de J. L. Campana. En 1992, il reçoit le 1er prix de
composition et le 1er prix d'analyse à l'Ecole Nationale de
Musique d'Aulnay-sous-Bois ainsi que le Kranichsteiner
Stipendienpreis à l'Internationale Ferienkurse für Neue
Musik à Darmstadt. De 1992 à 1994, il suit des
études de psycho-acoustique et d'informatique musicale
à l'université scientifique d'Orsay, Paris-Sud
(Arcema), sous la direction de G. Charbonneau. En 1994 et 1995, il
est compositeur invité au cursus annuel d'informatique et de
composition assistée par ordinateur de l'Ircam. Ses
préoccupations esthétiques en ce qui concerne sa
musique l'amènent à participer au séminaire du
musicologue S. Arom au Lacito (Cnrs), en 1996, et
parallèlement dans ses dernières oeuvres, à
explorer la congruence entre les langages picturaux et musicaux.
Dernièrement, il signe son esthétique en lien avec
l'imaginaire plastique des films des artistes abstraits tels que :
Oskar Fischinger, Len Lye, Peter Tscherkassky ou Jackson
Pollock.
Octavio López reçoit des commandes de l'Etat, de la Sacem et de festivals internationaux. Ces oeuvres sont créées dans différents pays d'Europe, d'Amérique du Nord et d'Amérique latine, par des ensembles tels que 2e2m, Musicatreize, Court-circuit, Cikada, L'Instant donné, Phorminx, KNM Berlin, Kuraia, Sinfonietta...
En 2005 il est lauréat de la Villa Médicis hors-les-murs pour un séjour dans le nord de l' Inde.
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HORS-SÉRIE - PAUL KLEE Juin 2005
Symphonie
déconcertante
propos recueillis par
Laurence Le Saux
François Bayle -
Georges Aperghis - Edith Canat de Chizy - Jean-Luc Darbellay -
Octavio López - Thierry Escaich - Emmanuel Nunes
Eclair Multicolore
avec Octavio LÓPEZ
[...] En 1993,
j'ai composé Bunter Blitz (Eclair multicolore), une oeuvre
pour treize musiciens. Les accords y figurent les éclairs, et
sont entrecoupés de nappes musicales superposées.
J'aimerais composer tous les dix ans un nouveau mouvement de
Bunter
Blitz,
afin de pouvoir analyser l'évolution de mon écriture
musicale.
Lorsqu'il a offert La Pensée créatrice à Boulez,
Stockhausen a déclaré que Paul Klee était le
meilleur professeur de composition possible.
Il avait raison ! [...]
[...]
Relais
n°1,
récent septuor avec électronique, laisse penser que la
notion de "relais" pourrait être à Octavio López ce que le principe récurrent
de "chemin" fut à Luciano Berio et témoigne d'une
écriture évolutive parfaitement
équilibrée entre libre progression des
événements et subtile homogénéité
du parcours. [...]
[...] Comme celle de Morton Feldman figurant au même programme
(avec
Durations V, sorte d'expression minimaliste de Luxe, calme et
volupté), la musique d' Octavio López trouve moins son identité
dans l'origine des sons que dans leur destinée, faite de
délicates fusions ou d'irradiantes collisions. La
création d'un Sextuor à la richesse plastique infinitésimale
en donne confirmation. On y retrouve l'intérêt du
compositeur pour la forme en fuseau, son goût des
ostinatos enchevêtrés au coeur de la
matière et son infaillible sens dramatique régissant
extensions horizontales et scansions verticales. [...]
Pierre Gervasoni, Le Monde (5 avril 2001) - à propos du concert-portrait du 2 avril 01 par l'ensemble 2e2m
[...] Avec Musicatreize, Hayrabedian a donné en l'abbatiale de Conques un programme dont il est familier, associant son compositeur fétiche, Ohana, et un jeune créateur, Octavio López. Ecrite pour baryton et 11 instruments, l'oeuvre de ce dernier, La Cifra en laberintos, se fonde sur un texte de Borges. Tenant du rituel labyrinthique propre à Borges, cette oeuvre exalte une atmosphère angoissante mue par une brillante orchestration mise en valeur par l'acoustique réverbérée de l'abbatiale. [...]
Bruno Serrou, La Croix (14 août 2001)
[...]
Pourquoi
vous êtes-vous intéressé au thème du
labyrinthe ?
Parce que
par l'écoute, on peut amener quelqu'un dans des chemins
différents. J'ai tout de suite pensé à J.-L.
Borgès et en particulier à son texte "El Complice",
où l'auteur exprime la vulnérabilité d'un
poète. Mais par un choix de construction, j'ai
contourné le texte et j'ai alterné ses phrases avec
celles des textes de Luis Alberto Spinetta et Miguel Abuelo et, avec
un refrain de MC Solaar, le texte est lui-même un
labyrinthe.
Qu'est-ce
que vous évoque cette composition originale ?
La
musique du Sud, le rythme des cycles... comment contourner un
interdit... C'est peut-être l'évocation de la culture
argentine qui est elle-même un labyrinthe, un carrefour de
plusieurs pays. Il y a là-bas des vécus tellement
différents. Mais moi j'ai eu une vie assez riche
d'événements et, tout petit, mon imagination
était stimulée.
Alors,
avec ce travail sur le labyrinthe, vous vous êtes un peu plus
perdu ou un peu plus trouvé ?
Je me
trouve. C'est moi qui suis Dédale. Dédale s'enfermait
dans le labyrinthe, moi je sais comment en sortir. J'ai toujours
besoin de savoir le début et la fin de ma composition. Je dois
tout contrôler pour bien construire l'espace et le
temps.
Propos recueillis par Lucie Spagnuolo, La Dépêche du dimanche (12 août 2001)
Bunter Blitz (éclair coloré) est inspiré du tableau homonyme de Paul Klee. Klee s'est souvent référé à la musique et a transposé picturalement des notions techniques propres à l'art des sons. Octavio López fait la proposition inverse et réalise une oeuvre musicale qui, sans être perçue d'emblée comme picturale, visuelle, n'en évoque pas moins, dès la première audition, une qualité plastique ; plus exactement : spatiale. Dans ses écrits techniques sur le dessin, Klee pose la notion de ligne comme élément générateur ; d'elle peut émerger une surface et, enfin, la superposition de plusieurs surfaces donne naissance à des plans. Octavio López transpose tout cela en musique. La ligne est représentée par des sons tenus qui, en évoluant lentement, peuvent s'étendre jusqu'à créer une mélodie où la ligne génératrice n'est pas présentée dès le début : on l'entend vers les deux tiers de la pièce (mesure 71), lors d'un solo de la clarinette. Mais avant que la ligne ne prenne une valeur purement " musicale " (mélodie), elle peut tisser des surfaces ; c'est ce que l'on entend dès le début de la partition lorsque, après l'attaque initiale, la résonance s'anime progressivement et donne naissance à plusieurs lignes qui, grâce à des mouvements mélodiques linéaires et des superpositions métriques, finissent par composer un ensemble compact : une surface. Enfin, les surfaces, confiées à des familles instrumentales homogènes, se chevauchent parfois: apparaît alors un plan. Ce processus de génération de plusieurs niveaux spatiaux se répètent plusieurs fois, d'une manière sans doute non préméditée, intuitive. Octavio López veut peut-être suggérer que la musique, à sa manière, peut créer à l'infini pour l'oreille ce que le tableau crée pour lui. Il y a néanmoins une différence, qui tient à la qualité énergétique de la musique. En effet, l'équivalent du " fond " pictural est représenté musicalement par les résonances qui suivent de très brèves (presque sans durée) attaques assourdies. Or, ce fond, qui réémerge à chaque fois que va commencer un nouveau processus de stratification progressive (apparition d'une ligne, puis de plusieurs qui se combinent en surfaces, pour finir en plans) est de plus en plus limité (dans sa durée) au fur et à mesure que la pièce avance dans le temps. Probablement parce que, alors que le fond au sens pictural est une sorte de matière neutre, musicalement il est le résultat de l'attaque, c'est-à-dire d'une énergie initiale, et, à l'image de toute la musique, Bunter Blitz d'Octavio López est un processus entropique, de déperdition de l'énergie. Ce qui "rassure" l'auditeur : c'est bien d'une oeuvre musicale qu'il s'agit !
Makis Solomos
Musique et peinture ne sont plus au vingtième siècle des continents artistiques éloignés. Si à la fin du dix-septième siècle un opéra comme Dido and Æneas d'Henry Purcell a un lien avec la peinture de son temps - par exemple, La Mort de Didon de Simon Vouet - celui-ci ne peut être suggéré que par la médiation d'un tiers, le récit (L'Enéide de Virgil). Aujourd'hui, ce lien entre les arts n'est plus à la surface "des choses", l'articulation des figures au récit, mais constitutif du matériau.
En cela, la musique d'Octavio López est exemplaire de ce nouveau "deal" entre les arts plastiques et sonores. Il parvient à déduire des processus formels de la peinture qui ensuite serviront à nourrir sa musique. De Bunter Blitz (1994), il déduit des cours de Paul Klee donnés au Bauhaus une "signalétique" de l'accident, et de Magic Mirror (1996), il extrait le point de "confusion" anamorphique des illustrations de Maurice Cornelis Escher.
La signalétique de l' "accident" et le point de "confusion" anamorphique se fondent dans les Compenetrazioni Irisdescenti... G. Balla (1997) pour engendrer une ouverture où "timbre, espace et mouvement" ne font qu'un.
Omer Corlaix, 1998
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Six 4 U, 1er tableau, sextuor (Fl., Cl., 2 Perc., Pno/Cél., Ctb.), 1992 (création à Darmstadt)
Qawan Escoipe, quintette avec voix, 1992 (commande de l'Ensemble Encuentros, au concert-lecture de Radio France)
One for Bob, pour contrebasse et bande magnétique, 1993 (création à l'Arcema, Gif sur Yvette)