Suzanne Giraud

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mise à jour : 26 Juin 2007

compositeurs européens

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Ondrej Adámek

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Johannes Schöllhorn
Mathias Spahlinger

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Alberto Posadas

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Bernard Cavanna
Joël-François Durand
Suzanne Giraud
Octavio López
Alain Louvier
Frédérick Martin
Paul Méfano
François Narboni
Thierry Pécou
Philippe Schoeller

I

Aureliano Cattaneo

RO

Aurèle Stroë

CH

Gérard Zinsstag

site personnel de Suzanne Giraud : http://www.suzannegiraud.com

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Née en 1958 à Metz, Suzanne GIRAUD étudie le piano, le violon, l'alto et l'écriture musicale au Conservatoire de Strasbourg puis entre au Conservatoire de Paris, d'où elle ressort diplômée en harmonie, contrepoint, analyse, orchestration, composition et direction d'orchestre.

Sa vocation pour la composition s'étant affirmée et tout en abordant l'écriture spectrale avec Hugues DUFOURT et Tristan MURAIL, elle s'initie aux techniques informatique et acousmatique sur l'UPIC, au GRM et à l'IRCAM où elle réalise quelques séquences remarquées.
Elle étudie ensuite avec Franco DONATONI à l'Accademia Chigiana de Sienne, puis avec Brian FERNEYHOUGH, aux cours d'été de Darmstadt.

Confirmée par un séjour de deux années à la Villa Médicis et récompensée de prix par la SACEM, l'UNESCO, la SIMC et l'Académie des Beaux-arts, elle reçoit d'importantes commandes de l'Ensemble Intercontemporain, de Radio-France, de l'Etat, de Musique Nouvelle en Liberté, du festival Musica de Strasbourg, du festival de Dresde et est invitée à Londres (Théâtre Almeida), à la Haye (Orchestre de la Résidence), à Budapest et à Manchester (sélections ISCM de 1986 et 1998), à Genève, Lausanne, Darmstadt, Cardiff, Sarrebruck et Salzbourg.

Sa musique de chambre culmine avec le deuxième quatuor à cordes, écrit pour le quatuor ARDITTI en 1997 et le trio pour soprano, clarinette et percussions, que l'ensemble Accroche-Note a interprété avec succès en France et à l'étranger.

Très familière des instruments à cordes, auxquels elle a dédié une oeuvre importante inscrite au répertoire de l'Orchestre de Chambre National de Toulouse, elle renoue en 1996 avec ses timbres de prédilection: les voix (Petrarca pour 6 voix mixtes) et l'orchestre (Ton coeur sur la pente du ciel, pour orchestre et To one in Paradise, pour mezzosoprano et orchestre).

L'expression lyrique, le climat d'émotion pure et les textures fines et décantées qui lui sont propres étaient déjà bien décelables dans La dernière lumière, créée par l'Itinéraire en 1985. On les retrouve très affirmés dans son concerto pour basson, interprété par Paul RIVEAUX et l'Ensemble Intercontemporain, sous la direction de David ROBERTSON en 1993.

La peinture et la poésie sont pour elle des sources multiples d'inspiration, si l'on en juge par les titres de ses oeuvres et par son catalogue, riche, à l'heure actuelle, de plus d'une trentaine de pièces: L'offrande à Vénus, d'après TITIEN, Voici la lune, d'après Michel LEIRIS, La dernière lumière, sur des poèmes d'Ivan Goran KOVACIC, La musique nous vient d'ailleurs, d'après Le seigneur des anneaux de J.R.R. TOLKIEN, Petrarca, sur des sonnets de PETRARQUE, To one in Paradise, d'après Edgar POE et Bleu et ombre, dont elle a écrit elle-même le texte poétique.

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L'âme sublimée

Elle souhaitait devenir poète, elle est musicienne ; elle espérait que la littérature l'attendrait, c'est la composition qui l'emporta. D'où la suggestive beauté des titres des oeuvres de Suzanne Giraud qui sont à eux seuls de sublimes promesses que sa musique galvanise.

Suzanne Giraud est un être captivant, aussi vrai et profond que sa musique. Créatrice sensible et inspirée, elle chemine entre la solitude et le "rien", un "rien" qui pourrait favorablement remplacer le divin, la solitude étant pour elle à la fois intermédiaire, rencontre avec les autres, harmonie avec soi-même. Personnalité forte et fragile, tenace et grave, Suzanne Giraud est comme un oiseau blessé que sa musique incarne sans faux-semblants, trahissant une fêlure immense, une quête immuable de beauté et de sublimation de l'âme. Sa musique marbrée et soyeuse, baignée d'ombre et de lumière, impulsive et généreuse, effervescente, brûlante comme la braise, mais aussi carrée, solidement structurée, érudite, virtuose, fermement ancrée au tréfonds de la terre, interrogative cependant, inquiète et consolatrice, gorgée de doutes et de passions dévoilant un trop plein de tendresse, est l'exact reflet de cet être pénétrant, incandescent, délicat. Une musique venant de très loin, d'une force intérieure extraordinairement communicative, bouillonnante, grondante comme un appel à l'humanité entière, qui s'insinue jusque dans la chair de l'auditeur pour ne plus le lâcher. " Je me nourris de rencontres, confie Suzanne Giraud comme un trésor, car nous sommes tous plus ou moins le miroir des autres. Je ressens la nature comme cosmique, puisqu'en toute chose, en tout être, je peux découvrir l'univers entier. "

Pour entrer dans le monde de Suzanne Giraud, il faut impérativement écouter To One In Paradise, plainte bouleversante dédiée à la mémoire de l'un des amis du compositeur trop tôt disparu, l'historien Gérard Rippe, exposée "dans un climat de sombre solitude" et se résolvant "dans un climat de douceur lumineuse". Créée le 24 septembre 1999 à Radio France, cette oeuvre permet en effet d'embrasser la création entière de cette magnifique musicienne. Ecrit pour mezzo-soprano et orchestre, ce chant funèbre d'une vingtaine de minutes illustre le poème éponyme composé par Edgar Allan Poe en 1834. To One In Paradise s'ouvre sur un envoûtant prélude instrumental qui participe à l'élaboration du climat onirique et poignant de l'oeuvre, soutient constant du langage caractéristique du compositeur, qui, pourtant, une fois n'est pas coutume, ne s'inspire pas ici de sa propre poétique. Cette somptueuse partition traitant de la mort et se concluant sur un rayonnant postlude orchestral, exalte un sentiment de douleur d'une vibrante humanité, imposant une artiste d'envergure qui sait émouvoir sans jamais chercher à briller.

Autre page capitale, d'une exceptionnelle densité, d'une merveilleuse plénitude, réconfortante mais toujours porteuse d'une souffrance sous-jacente spécifique au compositeur, un immense cri d'amour, l'oeuvre pour grand orchestre Ton coeur sur la pente du ciel. Son lyrisme vrai, son climat d'émotion pure, ses grandes clameurs de fanfare et de cordes impétueuses violemment martelées par les timbales, ce qui donne à ces pages la dimension d'un fleuve majestueux dont l'élan est suspendu par les battements d'un coeur, placent la pièce entière dans la ligne spirituelle et sonore d'un Mahler et d'un Berg. Son souffle tellurique ascensionnel se brise sur un insondable appel brutalement interrompu et qui se dissout soudain en écume, laissant un troublant et vivace souvenir.

Aujourd'hui à la tête d'un catalogue comptant plus d'une quarantaine d'opus, Suzanne Giraud est jouée par les plus grands interprètes, d'Irvine Arditti à Sir Alexander Gibson, et si l'orchestre et la voix sont ses domaines de prédilection, c'est arbitrairement oublier sa musique de chambre, notamment la série d'Envoûtements I-IV (un cinquième est en gestation), et le piano, son confident de toujours, auquel elle est en train de confier un cycle entier consacré à la rose des vents, le premier volet qu'elle vient d'achever étant dédié à Zéphyr, vent savoureux qui enveloppe les êtres tel un tissu léger et soyeux aux fibres fines et serrées. Elle travaille actuellement sur une page de grande dimension, Jaffa, pour solistes, choeur et orchestre.

To One In Paradise et les Envoûtements I, II, III et IV sont annoncés sur un CD publié chez MFA/Radio France.

Bruno Serrou - Avril 2000

 

Les partitions de Suzanne Giraud procèdent d'une poétique de l'épreuve. L'inspiration s'arc-boute à une rigueur qui lui sert constamment d'appui et de repoussoir. L'oeuvre tire son ressort du jeu de ces tensions pour parvenir à des moments de simple émotion, d'un climat très personnel, translucide et décanté.

Hughes DUFOURT, Avril 1984

 

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L'oeil et le jour - T. Miroglio (Perc.), CD Salabert / MFA SCD 9411 HMCD 83

Bleu et ombre - C. Canonici (Ctb.), CD Capstone Records CPS - 8628

 To One In Paradise et les Envoûtements I, II, III et IV, CD MFA/Radio France

 

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Suzanne GIRAUD - La Musique nous vient d'ailleurs
dans la collection
Les entretiens de Bruno Serrou
préface de Olivier Py
collection Cigart Edition


aux Editions Salabert :

Terre-essor, orchestre, 1984
La Dernière lumière, Soprano et octuor, 1985
L'Offrande à Vénus, octuor, 1985
Trio à cordes, 1991
Crier vers l'horizon, basson solo et ensemble, 1992.