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Bernard Cavanna |
éditions musicales européennes | ||||||||||||||||||||||||||||||
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Bernard Cavanna (né en
1951)
Bernard
Cavanna fait tôt le choix de se consacrer à la
composition qu'il aborde principalement en autodidacte.
Créateur intuitif, résolument original, c'est Henri
Dutilleux qui l'encouragea fortement dès 1968 à
poursuivre sa voie, puis Paul Méfano et Georges Aperhis qui
l'aideront à produire ses premiers concerts ; mais c'est
à « l'Est », que Bernard Cavanna se tournera,
très impressionné par la musique et la pensée du
compositeur roumain Aurèle Stroë (1932-2008) dont il
réalisera en 2000 avec Laurence Pietrzak un portrait
filmé, comme une sorte d'hommage. Ce film, très
remarqué et émouvant, a reçu le Prix
Spécial du Jury au Festival Classiques en images/Musée
du Louvre, fut sélectionné au Festival International du
film documentaire de Lussas, projeté au cinéma MK2
Hautefeuille à Paris. Il est distribué par les Films
d'ici
Parmi la trentaine de pièces actuellement à son répertoire, couvrant à peu près tous les genres, il est notamment l' auteur de trois concertos dont la particularité est d'emprunter pour chacun, l'un des instruments d'une formation bien fétiche dans son parcours, le trio violon, violoncelle et accordéon. Le Concerto pour violon, (oeuvre commandée par Radio France pour la violoniste Noëmi Schindler et l'Orchestre Philharmonique de Radio France), le Double concerto pour violon et violoncelle (commande de l'orchestre national de Lille pour Noëmi Schindler et la violoncelliste Emmanuelle Bertrand), et Karl Koop Konzert, sous-titré comédie pompière, sociale et réaliste pour accordéon et orchestre dédié à l'accordéoniste Pascal Contet et à "diverses mémoires familiales".
C'est généralement comme un conflit que le compositeur imagine ce genre, le soliste se débattant contre des masses orchestrales importantes, fracassantes voire tonitruantes. Cet engouement pour le conflit et les oppositions va s'illustrer davantage encore avec Messe un jour ordinaire (1994)oeuvre charnière, pièce certainement la plus emblématique de son travail, dont les prières traditionnelles constituant l'Ordinaire de la messe vont être déstabilisées et bien mis à mal par la voix sensible, tragique et dérisoire de Laurence. Cette jeune femme, personnage bouleversant du documentaire de Jean-Michel Carré « galères de femmes » dont s'est inspiré Bernard Cavanna sera souvent incarnée par la soprano Isa Lagarde lors des nombreuses représentations de cette "fausse messe" qui conduit l'auditeur dans des méandres insoupçonnés, du Kyrie Eleïson au marie-salope.
Au chapitre de ses oeuvres les plus marquantes, on relève aussi Io (1980/81) pièce de "jeunesse" où Xenakis n'est pas renié, pour voix et onze instruments, l'opéra La Confession impudique (1987/1992) d'après par le roman de Junichiro Tanizaki qui connut plusieurs productions, les Sept chants cruels pour soprano et orchestre, créés en 2006 par Rayanne Dupuis (soprano) et l'Ensemble Intercontemporain (dir. Jonathan Nott) et Gennevilliers Symphony (commande de l'ONPL) créée par cet orchestre et Daniel Kawka en 2006.
Régulièrement joués en France et à l'étranger, ses ouvrages sollicitent souvent les ensembles spécialisés dans les musiques d'aujourd'hui (2e2m, Ars Nova, Intercontemporain, TM+, Ensemble Modern, Nuova ConsonansaŠ) ou les grandes formations symphoniques.
Esthétiquement, l'oeuvre de Cavanna se signale
par une liberté singulière à l'endroit de tous
les dogmes par une ardeur inventive qui se réclame de
l'intuition beaucoup plus que de la spéculation. D'où
un savoureux éclectisme qui le conduit à accepter les
rencontres les plus imprévues, de la veine populaire aux legs
romantique, peut-être en partie pour son mépris des
clans et l'éclectisme de ses sources qui vont puiser dans le
populaire. "On comprend alors mieux le poids des deux
références dont il se revendique parfois Bernd
Aloïs Zimmermann et Nino Rota même si elles sont dites
sous forme de boutade. - Zimmermann (l'érudition comme collage
inquiet) et Rota (le Weill latinisé)" (Pascal Huyn).
L'important restant toujours le caractère fertile de ces
confrontations dont l'insolite vigueur, conjuguant parfois la
brutalité au plaisir du détail et du raffinement, n'a
d'égale qu'une certaine forme d'éloquente ferveur.
Preuve que cet auteur inclassable, maître du timbre comme de
l'écriture, n'écrit jamais que sous le signe de la
nécessité intérieure.
Bernard Cavanna
fut titulaire de la Bourse annuelle de la création (1984),
pensionnaire à la Villa Médicis (1985/1986), Prix SACEM
(1998) de la meilleure création contemporaine pour Messe un
jour ordinaire, Lauréat de la Tribune Internationale de
l'Unesco en 1999 et Victoire de la musique (2000) pour le
Concerto
pour violon, Grand Prix de la musique de la SACD (2007)
Sa discographie comprend trois CD monographiques et un
quatrième en préparation pour Aeon (sortie 2010) auquel
sera associé le documentaire réalisé sur lui par
Delphine de Blic, "le cours des choses".
Actuellement, il songe à l'écriture d'une pièce
intitulée "musique faite exprès" pour et d'après
A l'agité du bocal de Louis-Ferdinand Céline qui
convoquerait trois ténors (lyrique, baroque, opérette)
et un ensemble instrumental.
Sa dernière pièce, Trois strophes pour Patrice
Lumumba,
écrite pour l'altiste Hélène Desaint, et un
ensemble instrumental bien singulier : viole de gambe, deux
contrebasses, harpe et timbales, fut créée
récemment à Radio France par l'Ensemble 2e2m sous la
direction de Pierre Roullier. Cette pièce illustre cette
"conjugaison étroite" que son maître "Aurèle
Stroë lui a en quelque sorte léguée,
l'étroite relation entre la pensée musicale et les
confrontations sonores dont elle est issue.
Virginie Palu
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IN TEXTO
Force est de reconnaître à la musique de Cavanna une efficace unité organique avec son sujet et une immense séduction de timbre. Principaux responsables de cette mouvance sonore d'un raffinement inouï (bien-faits de l'enseignement de Dutilleux ?), le bandonéon (vecteur de la mélancolie ou catalyseur des coups de rein instrumentaux) et la bande magnétique (remarquablement ciblée sur le rapport texte/musique sans inutiles effets electro-acoustiques) soutiennent avec humilité l'expression reine dévolue à la voix et dominée dans la distribution par le Mari de Jean Segani. La Confession impudique apporte quelque chose de neuf au lyrique contemporain.
Pierre Gervasoni - Diapason, septembre 1992
Dans Messe un jour ordinaire, les paroles rituelles contaminées par la modestie du propos de Laurence, une jeune droguée sortie de prison, perdent de leur certitude, et ne tardent pas à vaciller, à douter d'elles-mêmes ou à tomber dans une sorte d'hystérie théâtrale ou de fanatisme collectif. Mais la puissance expressive de l'oeuvre tient avant tout à la musique : au traitement prosodique, notamment dans le rôle de Laurence (Isa Lagarde), au contraste théâtral qu'elle offre par rapport au chant baroque et belcantiste des deux solistes (Peggy Bouveret et Terence Robertson), à l'originalité de l'écriture chorale et à la finesse de conception de l'ensemble instrumental. Les lignes directrices de la partition ne sont jamais confuses, malgré la complexité de la masse instrumentale, et le choeur, qui glisse de l'austérité rituelle à la frénésie, ne dérape jamais dans l'informel. Cavanna a composé là un opéra grave, expressionniste et grinçant, qui ne parle pourtant que de ce que nous voyons chaque jour.
Jacques Bonnaure - La lettre du Musicien, septembre 1996
[...] Cavanna est un musicien doué, éloquent, dont la force d'écriture agit et se déploie dans un climat de féroce expressivité.
Jean Emmanuel Fousnaquer - Le Monde
Cavanna fascine par une très prenante dérive (chromatique jusque dans les micro-intervalles). L'oeuvre s'ouvre sur une course-poursuite entre l'orchestre et l'instrument soliste mais ne sacrifie pas aux conventions de l'animation haletante. Accessible au premier degré d'une lutte désespérée, la musique n'en est pas pour autant simpliste. Sa lisibilité immédiate se double d'une profondeur émotionnelle particulièrement fouillée, comme en témoigne, par exemple, le travail effectué par le compositeur sur un fond orchestral toujours mouvant afin d'engloutir le violon mais aussi de le fuir dans une même poussée pathétique.
Pierre Gervasoni - Le Monde, Février 1999
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Goutte d'or
Blues -
D. Kientzy, ADDA
Jodl pour
orgue -
P. Bousseau, ADDA

Messe un jour ordinaire, Fauve, Trio avec accordéon - Ensemble Ars Nova, Trio Aller-retour, N. Schindler, MFA Radio France. (MFA 216025)
Film Portrait sur le périphérique réalisation A. Fleischer.

Concerto pour
violon et orchestre / Trois chants cruels
Noëmi Schindler, violin - Rayanne Dupuis, voix - Hubert Soudant,
direction
Orchestre National des Pays de la Loire - nocturne
diffusion (S201 - NT 094)
Raphaël,
reviens !
opéra pour jeune public de Bernard
Cavanna
d'après un livret de Michel Beretti
CD SOUPIR
S-208 - un disque MFA
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REPERES
aux Editions
Salabert :
Canzone pour
flûte à bec, Htb., Vlc. et Clav., 1978
Jodl pour Clav., Org. ou 2 Pnos, 1980-83
Goutte d'or Blues pour Sax Sop. solo + 12 Sax. (ou bande) 1985