cd Bernard Cavanna - Messe un jour ordinaire

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emepublish.com

mise à jour : 25 Juin 2007

compositeurs européens

CZ

Ondrej Adámek

D

Carsten Hennig
Johannes Schöllhorn
Mathias Spahlinger

E

Alberto Posadas

F

Bernard Cavanna
Joël-François Durand
Suzanne Giraud
Octavio López
Alain Louvier
Frédérick Martin
Paul Méfano
François Narboni
Thierry Pécou
Philippe Schoeller

I

Aureliano Cattaneo

RO

Aurèle Stroë

CH

Gérard Zinsstag

 

 Bernard Cavanna MFA 216025 (Radio France)

TRIO AVEC ACCORDEON
Trio Allers-retours : Noëmi Schindler, violon - Christophe Roy, violoncelle - Pascal Contet, accordéon

MESSE UN JOUR ORDINAIRE
Isa Lagarde et Sophie Grimmer, sopranos - Ian Honeyman, ténor
Ensembles vocaux de la région Poitou-Charentes - Michel Laplénie, chef de choeur
Ars Nova, ensemble instrumental
Philippe Nahon, direction

FAUVE
Noëmi Schindler, violon

Ensemble Ars Nova

    Revue de presse :

    Le Répertoire des disques Septembre 1998 - R10
    Très bel article de Jean-Vermeil.

    Diapason No 450 Juillet-Août 1998 - 5 DIAPASONS

    Le Monde 31 Mars 1998 (concernant le concert du 28 Mars 1998)

    Un pari humaniste sous forme de messe satirique
    Principalement consacré au compositeur Bernard Cavanna (né en 1951), le concert inaugural de la première saison de T&M-Nanterre (institution au service du théatre musical conçue par Antoine Gindt dans la descendance de l'ATEM de Georges Aperghis,Le Monde du 26 Avril 1997) a présenté en création française une oeuvre récente de Pascal Dusapin (né en 1955). Destiné au même effectif qu'Octandre d'Edgar Varèse (interprété auparavant avec quelque flottement par l'ensemble Ars Nova), Cascando fascine de bout en bout par un débit qui alterne avec magie, flux extrêmement mesuré (sur pulsation de notes répétées) et écoulement vagabond (parfois jazzy) d'une matière hybride mais sensuelle. Le Trio avec accordéon de Bernard Cavanna produit un semblable envoûtement dans la saturation d'une activité débridée comme dans l'extinction décantée de sons jouant (au violon et au violoncelle) avec la charge mélancholique du timbre de l'accordéon (celui, raffiné, de Pascal Contet).

    La longue ovation réservée à Cavanna en fin de concert lui a sans doute rappelé celle reçue en décembre 1992 non loin de là (au Théatre des Amandiers) pour La Confession impudique, rare réussite contemporaine dans le genre de l'opéra. La Messe, un jour ordinaire (disponible avec le Trio sur un disque MFA-Radio France) ne saurait toutefois passer pour une tentative de renouvellement de la musique religieuse.

    Du conditionnement communautaire
    Les textes sacrés (Kyrie, Gloria et Credo) qui constituent sa vigoureuse armature volent en éclats sous la discrète impulsion du prosaïque monologue de Laurence, une SDF en quète d'aide sociale. Tournés en dérision immédiate ("Ça sonne mais ça ne répond pas ", déclare Laurence en écho à l'"Eleison " entonné par les choeurs comme un slogan publicitaire), puis vidés de leur sens sur un mode fanatique (le ténor aux allures d'officiant crie "Rex ! " comme pour appeler un chien, et les choeurs lui répondent en aboyant "Roi-Roi ! "), quelques paroles-clés de la liturgie catholique se muent en catalyseurs d'une hystérie collective qui ne s'arrête pas à l'évocation des sectes religieuses, mais pousse sur un terrain miné (citation de l'unique phrase prononcée par Barbie à son procès, amalgame des exclamations germaniques "Heilig ! " et "Heil ! "...), jusqu'à la satire de toute forme de conditionnement communautaire.

    L'oeuvre de Cavanna, qui, par son principe de fusion des esthétiques, rappelle un peu la Sinfonia de Luciano Berio et, beaucoup, le Requiem pour un jeune poète de Bernd Aloïs Zimmermann (où figure également une symbolique confrontation de l'orgue et de l'accordéon), repose sur une écriture d'une remarquable efficacité ; dans le détail cinglant comme dans l'organisation dramatique, dans l'usage des timbres instrumentaux comme dans le traitement vocal (en particulier pour Laurence, qui évolue entre parler-chanter passe-partout et expression mélismatique très inspirée). Dirigés avec conviction par Philippe Nahon, l'enthousiaste formation estudiantine Dix de Choeur, le très plastique ensemble Ars Nova et les trois solistes emblématique (le ténor inquisiteur Ian Honeyman, la soprano imprécatoire Susan Narucki et l'humble Isa Lagarde, Laurence ennoblie par l'errance soumise) attestent que le pari humaniste de Cavanna valait bien une messe.

    Pierre Gervasoni Le Monde : http://www.lemonde.fr